contes et Légendes autour du monde

 

 

 

Contes et legendes

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La nuit de Samhain

 

 

 

 

 

 

Samhain

 

Il est une nuit suspendue entre deux mondes.

Une nuit qui n’appartient déjà plus tout à fait à l’été, mais pas encore à l’hiver.

Une nuit où l’on célébrait les récoltes désormais amassées dans les greniers, la fin des travaux de la belle saison et l’entrée dans les mois sombres.

Mais aussi une nuit de passage.

Cette nuit, les anciens peuples celtiques la nommaient Samhain.

Célébrée il y a plus de deux millénaires, notamment en Irlande, puis transmise à travers différentes traditions celtiques, Samhain marquait la fin de la saison claire et le commencement de la saison sombre.

Plus qu'une simple fête, elle représentait la fin d’un cycle.

Et le commencement d’un autre.

Alors on se rassemblait.

On célébrait, on partageait, on chantait.

De grands feux étaient allumés sur les hauteurs. Autour de leurs flammes, les communautés se retrouvaient une dernière fois avant les longs mois d’hiver.

Des offrandes étaient faites. On remerciait pour les récoltes passées et l’on implorait la protection des puissances invisibles pour traverser les temps difficiles qui s’annonçaient.

Dans certaines traditions rapportées autour de Samhain, les feux des foyers étaient éteints avant d’être rallumés à partir de la flamme du feu communautaire.

Alors, lorsque les célébrations prenaient fin, chacun pouvait rapporter avec lui une braise.

Une petite parcelle du grand feu.

Elle regagnait la maison et redonnait vie au foyer, comme si chacun emportait avec lui un fragment de lumière pour affronter la longue saison sombre.

Une flamme destinée à accompagner les hommes jusqu’au retour des jours clairs.

Mais Samhain n’était pas seulement cela.

Car cette nuit était différente de toutes les autres.

Elle se tenait à la frontière.

Selon les anciennes croyances, lorsque s’achevait un cycle et que le suivant n’avait pas encore véritablement commencé, la séparation entre les mondes devenait plus fragile.

Comme si, pendant quelques heures, une porte s’entrouvrait. 

 

 

It is a night suspended between two worlds.

A night that is already no longer entirely in the summer, but not yet in the winter.

A night when we celebrated the harvests now gathered in the attics, the end of the work of the beautiful season and the entry into the dark months.

But also a night of passage.

That night, the ancient Celtic peoples named it Samhain.

Celebrated more than two millennia ago, notably in Ireland, then transmitted through different Celtic traditions, Samhain marked the end of the light season and the beginning of the dark season.

More than just a party, it represented the end of a cycle.

And the beginning of another.

So we were gathering.

We celebrated, we shared, we sang.

Large fires were lit on the heights. Around their flames, the communities met one last time before the long winter months.

Offerings were made. We thanked for the past harvests and implored the protection of invisible powers to make it through the difficult times ahead.

In some traditions reported around Samhain, the fires of the hearths were extinguished before being rekindled from the flame of the community fire.

So, when the celebrations came to an end, everyone could bring with them a ember.

A small parcel of the great fire.

She returned to the house and revived the home, as if each one carried with him a fragment of light to face the long dark season.

A flame destined to accompany men until the return of clear days.

But Samhain was not only that.

Because that night was different from all the others.

She stood at the border.

According to ancient beliefs, when one cycle ended and the next had not yet truly begun, the separation between worlds became more fragile.

As if, for a few hours, a door opened.

 

 

 D’un côté, le monde des vivants.

De l’autre, celui des défunts, des âmes et des êtres appartenant à l’Autre Monde.

Tous n’étaient pas nécessairement bienveillants.

Mais tous pouvaient être proches.

Alors on éclairait la nuit.

Des lumières guidaient les chemins et, dans certaines traditions plus tardives liées à cette période de l’année, une place pouvait être laissée à table pour ceux qui n’étaient plus là.

Un couvert.

Une chaise vide.

Un souvenir.

Parce que, cette nuit-là, l’absence n’était peut-être plus tout à fait une absence.

Les morts pouvaient retrouver le chemin des vivants.

Les vivants pouvaient se souvenir des morts.

Et pendant quelques heures seulement, les deux mondes semblaient marcher côte à côte.

C’était peut-être cela, Samhain.

Bien davantage qu’une fête de la fin de l’été.

Bien davantage que l’ancêtre lointain de certaines de nos traditions d’Halloween.

C’était un seuil.

Un passage.

L’instant fragile où quelque chose s’achève sans que ce qui doit suivre ait encore commencé.

Une nuit hors du temps.

Une porte laissée entrouverte entre la lumière et l’obscurité, entre le souvenir et l’oubli, entre ceux qui sont encore là…

et ceux qui, peut-être, retrouvent pour une nuit le chemin de la maison.

Puis vient l’aube.

La porte se referme.

Les mondes se séparent à nouveau.

 

 

 On one side, the world of the living.

On the other, that of the deceased, souls and beings belonging to the Other World.

Not all were necessarily benevolent.

But all could be close.

So we were lighting up the night.

Lights guided the paths and, in some later traditions related to this time of year, a place could be left at the table for those who were no longer there.

A place setting.

An empty chair.

A memory.

Because, that night, the absence was perhaps no longer entirely an absence.

The dead could find their way back to the living.

The living could remember the dead.

And for only a few hours, the two worlds seemed to walk side by side.

Maybe that was it, Samhain.

Much more than a late summer party.

Far more than the distant ancestor of some of our Halloween traditions.

It was a threshold.

A passage.

The fragile moment when something ends without what is to follow having yet begun.

A night out of time.

A door left open between light and darkness, between memory and oblivion, between those who are still there...

and those who, perhaps, find for a night the way home.

Then comes the dawn.

The door is closing.

The worlds separate again.


 

 

Et dans les foyers demeure une braise.

Une toute petite lumière au cœur de l’hiver qui commence. 



 

And in the homes remains a ember.

A very small light in the heart of winter that is beginning. 

 


 

The END 

 

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